A LIRE EGALEMENT

vendredi 13 août 2010
 
Blocus insoutenable du camp de Kalma
Ne laissons pas El-Béchir liquider le camp de Kalma par la famine et la maladie
Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour
Le Collectif Urgence Darfour appelle le gouvernement français à intervenir
immédiatement afin d'obtenir du régime soudanais qu'il cesse le blocus de
l'immense camp de Kalma (Sud Darfour) imposé depuis le 2 août.
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lundi 26 juillet 2010
 
El Béchir et la justice internationale: la paille des mots et le grain des choses
Par Huguette Chomski Magnis, Vice-présidente du Collectif Urgence Darfour

Le 12 juillet le Collectif Urgence Darfour réagissait à l'inculpation pour génocide du président soudanais Omar El-Béchir en titrant : "la communauté internationale maintenant face à ses responsabilités pour l'application du mandat d'arrêt". En validant  la requête du procureur Luis Moreno-Ocampo, par la mise en accusation d'Omar El Béchir pour trois chefs de génocide à l’encontre des groupes ethniques des Four, Masalit et Zaghawa, les magistrats de la Cour Pénale Internationale (CPI) prenaient une  décision courageuse, apportant une formidable reconnaissance aux Darfouris chassés de leurs terres, peuple aux 300 000 morts, aux femmes systématiquement violées et aux ressources massivement détruites. En défendant le droit international, ils s'opposaient frontalement aux partisans du statu quo, c'est à dire du triomphe de l'impunité. Où en est-on deux semaines plus tard ?  Comment la communauté internationale s’est-elle acquittée de sa tâche ? Comme toujours il faut séparer la paille des mots du grain des choses.

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lundi 12 juillet 2010
 
Communiqué du Collectif Urgence Darfour sur l'inculpation d'El-Béchir pour génocide
El-Béchir inculpé de génocide : la communauté internationale maintenant face à ses responsabilités pour l'application du mandat d'arrêt
Collectif Urgence Darfour
En validant la requête du procureur Luis Moreno-Ocampo qui leur demandait d'inculper le président soudanais Omar El-Béchir de génocide, les magistrats de la Chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale (CPI) ont apporté un formidable désaveu à tous ceux qui s'efforçaient de minimiser la tragédie du Darfour.
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mercredi 09 juin 2010
 
Sommet de l'Union africaine : l'Ouganda trahit la CPI et se couche devant Béchir.
Par Bernard SCHALSCHA
En une spectaculaire volte-face, l'Ouganda, qui venait de faire savoir qu'El-Béchir ne serait pas accepté sur son territoire lors du prochain sommet de l'Union africaine à Kampala, a finalement déclaré que le chef de l'Etat soudanais serait bien son invité lors de cette rencontre. Une fois de plus l'organisation panafricaine,  que certains observateurs considèrent surtout comme un "syndicat d'intimidateurs", a obtenu d'un ses membres qu'il renonce à faire appliquer les décisions de la Cour pénale internationale. Elle préfère jouer la carte de l'impunité au détriment de la justice, prenant partie pour le bourreau et piétinant ainsi les victimes... africaines.  
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samedi 29 mai 2010
 
Sommet France-Afrique : le CUD s'adresse à Nicolas Sarkozy
par Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour

Monsieur le Président de la République,

A l’occasion du prochain Sommet France-Afrique, le Collectif Urgence Darfour tient une nouvelle fois à attirer votre attention sur la situation au Soudan, et en particulier sur celle de la région du Darfour actuellement très préoccupante. 

Le Collectif Urgence Darfour attend donc de cette rencontre entre chefs d’Etats et de gouvernements une prise de position et des engagements pour le retour de la démocratie au Soudan et de la paix au Darfour, ainsi que pour l’exécution des mandats d’arrêt internationaux lancés par la Cour pénale internationale (CPI) il y a maintenant trois ans déjà contre Ali Kouchayb et Ahmed Haroun, et en mars 2009 contre le chef de l'Etat soudanais.

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QUAND DONC LES CHEFS D’ETATS AFRICAINS SERONT-ILS HONNETES ENVERS EUX-MEMES A PROPOS DE LA CPI ?
Par Wasil Ali* (publié le 29 septembre 2008 sur le site de Sudan Tribune.© Traduction Collectif VAN - contact@collectifvan.org -

Depuis que la Cour pénale internationale a inculpé le président soudanais Omar El-Béchir, de nombreux hommes politiques africains ont peint ce que j’appellerais un portrait fallacieux de celle-ci en déformant les faits. Leurs arguments se sont surtout concentrés sur la question de savoir pourquoi la CPI mène ses instructions seulement en Afrique. A mon avis, des  responsables politiques comme Jean Ping, président de l’Union africain (UA), et le président béninois Thomas Boni Yayi ont fait preuve d’un  manque d’information incompréhensible ou ont délibérément essayé de discréditer la cour pour des raisons politiques et non judiciaires.

 



Radio-France Internationale (RFI) a récemment cité le président du Bénin qui disait que la CPI « ne cesse de harceler les hommes d’Etat africains, et seulement africains ». Il a aussi demandé si « c’était juste une coïncidence ». Non, M. Yayi, ce n’est pas une coïncidence. Pour la bonne raison que vos collègues de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo et de la République Centrafricaine ont volontairement confié leurs procès à la CPI. Ni la CPI ni son procureur ne les ont obligés à quoi que ce soit. Ce sont des nations africaines, et non les USA, le Royaume-Uni ou la France, qui ont confié à la CPI la tâche d’instruire ces procès. Il n’y a rien qui ressemble, même de loin, à du « harcèlement », comme Yayi l’a décrit, dans la manière dont la CPI a exercé sa juridiction dans ces affaires.
Le plus intéressant est que le Bénin, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU en 2005, a voté en faveur de la résolution qui transférait l’affaire du Darfour à la CPI. La Tanzanie a également soutenu la résolution et si l’Algérie s’est abstenue, elle n’a pas voté contre. Donc en réalité, l’Afrique a encore prouvé qu’elle considérait la CPI comme un organe crédible capable d’instruire le procès du Darfour. Alors, pourquoi la CPI devient-elle soudain une institution occidentale ? J’attends toujours une réponse à cette question.
Le président Yayi n’était-il pas au courant de ces faits élémentaires avant de faire ses remarques ? Une fois ces derniers remis en mémoire, comment le citoyen moyen jugera-il ce qu’a dit M. Yayi ? A mon avis, comme de l’hypocrisie.
Passons au cas du Ghana qui a déclaré qu’il n’arrêterait pas El-Béchir sur son territoire même si un mandat d’arrêt était lancé contre lui. Le Ghana, qui a ratifié le Statut de Rome, a l’obligation d’exécuter le mandat. En réalité, Accra dit au monde qu’il est en train d’abandonner un traité qu’il a ratifié, et se justifie ainsi : « Parce que, à part notre intérêt propre, des tas de problèmes y sont impliqués, que nous devons prendre en compte. »
Qu’est-ce que cela nous apprend sur le Ghana? Que c’est un pays qui ne prend pas au sérieux les traités qu’il ratifie ? Que le Ghana est désireux d’enfreindre ses obligations internationales ? Est-ce là l’image que le Ghana veut donner au monde ? D’un autre côté, quels sont donc ces problèmes que le Ghana doit prendre en considération, et qui sont plus importants que la situation tragique de millions d’Africains au Darfour ?
Il est intéressant de comparer la position du Ghana à celle du Sénégal. Le président sénégalais Abdoulaye Wade a clairement indiqué que son pays a des obligations dans le cadre du Statut de Rome et qu’il lui sera par conséquent impossible de recevoir El-Béchir sur son territoire si un mandat est lancé contre lui. Le président sénégalais a noté que malgré sa « solide amitié » avec El-Béchir, il est également « un ardent défenseur des droits humains ». 
Le président de l’Union africaine Ping a déclaré cette semaine à la BBC qu’il était « injuste » que tous ceux qui jusqu’ici ont été mis en accusation par la CPI soient africains, avant d’ajouter qu’il « n’est pas opposé au droit international ».
Je suis toujours frappé par le fait que les hommes politiques africains semblent fermer les yeux sur la réalité suivante : dans toutes les affaires traitées par la CPI, les victimes sont africaines. Elles ne sont pas occidentales, sud-américaines ou australiennes. Par conséquent la CPI travaille pour les Africains, non contre eux.
Les questions que je voudrais poser à M. Ping et à tout responsable politique africain avançant les mêmes arguments que lui sont celles-ci : la CPI a-t-elle eu tort de poursuivre l’Armée de résistance du Seigneur ougandaise pour les crimes atroces qu’elle a commis contre la population civile au nord de l’Ouganda ? A-t-elle eu tort de poursuivre les chefs des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC)  pour avoir enrôlé des enfants congolais de moins de 15 ans pour combattre avec eux ? A-t-elle eu tort de poursuivre le chef du  Mouvement de Libération du Congo (MLC)  pour avoir torturé et violé des civils en RCA, dont certains ont contracté le SIDA à la suite de cela ?
Si Ping répond oui à n’importe laquelle de ces questions, alors ses arguments sont recevables. Sinon, toute attaque contre la CPI sous prétexte qu’il s’agirait d’une « ingérence occidentale » est sans fondement. Les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ne sont pas des concepts « occidentaux » et certainement pas anti-africains. En outre, la CPI compte en son sein un nombre non négligeable d’Africains, parmi lesquels le premier vice-président, le procureur adjoint et même le juge qui présidait la chambre d’instruction qui dut examiner les préliminaires du procès El-Béchir.
Ce que la plupart des responsables politiques africains ne savent pas, c’est que mener une instruction dans le cadre de la CPI obéit à un processus rigoureux qui doit satisfaire à de nombreux critères, en premier lieu relatifs aux questions de la juridiction et de la gravité des crimes commis. Si les Africains pensent qu’ils ont connaissance, sur un autre continent, d’une situation répondant à toutes les exigences du Statut de Rome, eh bien ils peuvent soumettre une requête au procureur. On verra alors si les nations africaines peuvent légitimement parler de deux poids, deux mesures, à propos de la CPI.
Bien qu’ils représentent la majorité des membres de la CPI, les pays africains semblent malheureusement ne pas avoir lu ou compris le Statut de Rome qu’ils ont ratifié. Il paraît donc hautement improbable que les faits ou la raison puissent avoir une influence sur la manière dont les leaders africains voient la CPI. Nombre d’entre eux veulent que celle-ci injecte de la politique dans son travail comme c’est le cas avec la justice dans la plupart des pays africains, Soudan compris. Il est intéressant de noter que le président sud-africain sortant Thabo Mbeki, qui a fortement soutenu El Béchir, vient d’être indirectement accusé par un juge de la Haute Cour d’avoir utilisé son influence politique dans une affaire de corruption contre son rival Jacob Zuma.
Je souhaite seulement que Ping et les autres disent franchement pourquoi ils sont opposés à la CPI. En réalité cela n’a rien à voir avec un soi-disant deux poids, deux mesures, ou une quelconque préoccupation concernant la paix au Darfour. A très peu d’exceptions près, aucun de ces dirigeants africains n’a parlé des crimes commis au Darfour ou de la nécessité de traduire leurs auteurs devant la justice. Ainsi, la vie des Darfouris pour lesquels ils prétendent s’inquiéter ne les tracasse guère. Il n’est que trop compréhensible que les Darfouris ne fassent pas confiance aux Africains pour résoudre leur crise, puisqu’ils les considèrent comme partiaux.
Ce que j’ai entendu de plus franc chez un dirigeant anti-CPI est la déclaration du président Mbeki, selon laquelle inculper El-Béchir est une mauvaise chose « quelles que soient les réalités avancées ». Je respecte le fait que Mbeki n’ait pas cherché à dissimuler ses positions derrière de grands discours.
Pour ma part je pense que beaucoup de dirigeants africains ont peur de la CPI parce qu’ils ont quelque chose à cacher. Ainsi, en défendant El-Béchir c’est eux-mêmes qu’ils protègent. Les seules personnes susceptibles d’avoir peur d’un tribunal sont les criminels ou ceux qui les aident. Il n’existe pas de techniques de « réconciliation » pour résoudre les plaintes des victimes darfouries. Ce n’est qu’un autre nom pour un projet visant à laisser El-Béchir s’en tirer sans rendre de comptes. Même la loi islamique qui, selon Khartoum, est le fondement de sa législation, dit clairement que punir les criminels est nécessaire pour le bien de la société toute entière.
Le droit de pardonner, dans l’Islam, n’appartient qu’aux victimes. Dans cette affaire,  la population du Darfour a massivement bien accueilli la démarche de la CPI. C’est aux Darfouris de décider comment ils veulent obtenir justice, et non à la Ligue arabe, à l’Union Africaine ou au gouvernement du Soudan.

*L’auteur est journaliste au Sudan Tribune, et peut être contacté à wasiltaha@hotmail.com

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