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dimanche 31 janvier 2010
 
Communiqué de presse
Le Collectif Urgence Darfour demande à Bernard Kouchner de récuser la légitimité de la candidature d'Omar El Béchir aux élections présidentielles soudanaises.
CUD

Objet: le Collectif Urgence Darfour demande à Bernard Kouchner de récuser la légitimité de la candidature d'Omar El Béchir aux élections présidentielles soudanaises.

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samedi 02 janvier 2010
 
2010 : le Darfour a encore besoin de nous
Par Bernard SCHALSCHA, secrétaire général du collectif Urgence Darfour.

Nous aimerions que l’année 2010 soit celle où notre collectif constate qu’il n’est plus nécessaire. Quel plaisir ce serait d’organiser une grande fête à laquelle seraient invités toutes les associations, toutes les personnalités, toutes celles et ceux qui, un jour où l’autre se sont mobilisés à nos côtés pour apporter un soutien aux populations civiles darfouries, et d’annoncer : nous pouvons nous auto-dissoudre, le Darfour est maintenant en paix, les déplacés et les réfugiés ont pu rentrer dans leurs villages, ils ont récupéré leurs terres et peuvent à nouveau les cultiver, sans la menace des janjawids et des bandes de pillards, les femmes ne se font plus violer, le gouvernement central de Khartoum aide la région grâce à l’argent du pétrole, construit des écoles, des hôpitaux des routes, il ne considère plus les Noirs africains du Darfour comme des sous-hommes et de mauvais musulmans... Mais on en est loin. La paix et la justice ne sont encore qu’un rêve au Soudan.

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mercredi 25 novembre 2009
 
Nouvel effet du mandat d'arrêt international : El-Béchir n'ira pas à Copenhague
Bernard SCHALSCHA

Le mandat d'arrêt international lancé contre Omar El-Béchir par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerres et crimes contre l'humanité fait de plus en plus sentir ses effets : le gouvernement soudanais vient d'annoncer qu'il ne se rendra pas au sommet de Copenhague sur le changement climatique

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mardi 10 novembre 2009
 
Le gouvernement de Londres s'engage à ne plus renvoyer de réfugiés du Darfour à Khartoum
Huguette Chomski Magnis, vice-présidente du collectif Urgence Darfour

Une grande nouvelle pour les très nombreux Darfouris réfugiés au Royaume-Uni : le gouvernement britannique va cesser de les renvoyer à Khartoum ! En effet le Home Office (ministère de l'Intérieur) vient de reconnaître officiellement que les Darfouris d'ethnie non arabe étaient non seulement exposés aux persécutions ethniques au Darfour mais en danger n'importe où au Soudan. En conséquence, les autorités de Londres mettent un terme au renvoi de Darfouris au Soudan. Tous les réfugiés du Darfour africains noirs non arabes pourront obtenir le droit d'asile - à la seule exclusion de ceux qui auraient commis des crimes de guerre.

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lundi 09 novembre 2009
 
Au grand regret d'Ankara, El-Béchir annule son voyage en Turquie
Collectif VAN

Le président soudanais Omar Hassan Al-Bashir a repoussé sa visite prévue ce lundi 9 novembre en Turquie à l'occasion d'un sommet de l'Organisation de la conférence islamique. L'annonce est intervenue quelques heures après que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a défendu la visite d'El-Béchir en disant : "Un musulman ne peut jamais commettre de génocide." Après avoir assené cet argument imparable, Erdogan, qui a déjà visité le Darfour, a ajouté que durant son séjour, il n'y avait remarqué aucun génocide... Doit-on vraiment s'en étonner lorsqu'on sait que le gouvernement turc n'a toujours pas "remarqué" les nombreux génocides des populations non-turques (arménienne, assyro-chaldéenne-syriaque, grecque, kurde, etc.) commis en Turquie même ? Il n'est pas inutile de rappeler que la Turquie est parmi les rares pays n'ayant pas encore ratifié le Statut de Rome qui exige la conformité avec les décisions de la CPI. Il est vrai que ce Statut stipule que la compétence de la Cour concerne les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale : a) Le crime de génocide ; b) Les crimes contre l’humanité ; c) Les crimes de guerre ; d) Le crime d’agression... Toute relation avec des crimes commis par l'Etat turc est totalement fortuite. 

Ci-dessous la traduction par le Collectif VAN de l'article en anglais paru sur Hurriyet en date du 8 Novembre 2009. 

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FRANCE-SOUDAN : LA JUSTICE NE SE MARCHANDE PAS
Communiqué de "Survie"

Alors que la France semble vouloir recourir à l’article 16 du statut de la CPI afin de surseoir à l’inculpation d’Omar Al-Bachir, l’association Survie dénonce un marchandage inacceptable au nom de calculs géopolitiques et économiques qui, tout en confortant les crimes commis au Soudan, constituerait un recul incontestable du droit pénal international.



Consécutivement aux longues investigations menées par le Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre dont le président soudanais Omar Al-Bachir est accusé, les juges de la première chambre préliminaire de la CPI étudient l’opportunité de délivrer un mandat d’arrêt à l’encontre d’Al-Bachir dans les semaines à venir. La requête du procureur est accablante. Comme l’a affirmé ce dernier le 21 septembre à New York : « Les crimes se poursuivent aujourd’hui encore contre la habitants du Darfour. M. Al-Bachir exerce un contrôle absolu sur ses forces qui violent des femmes, mettent en place dans les camps des conditions propres à détruire des communautés entières et continuent de bombarder des écoles ».


Or, l’Organisation de la conférence islamique, la Ligue des Etats arabes et l’Union africaine s’efforcent d’obtenir l’application de l’article 16 du statut de la CPI afin de suspendre l’enquête visant Al-Bachir et empêcher des poursuites contre ce dernier. Le Conseil de Sécurité1 peut décider d’appliquer l’article 16, qui permet la suspension des procédures de la CPI pendant 12 mois (renouvelable). L’argument en faveur de cette suspension, auquel la France semble adhérer, est que toute accusation visant le président soudanais « menacerait le processus de paix en cours au Soudan ».

En réalité, il est bien difficile de constater qu’un processus de paix soit en cours au Soudan, ce sur quoi tous les experts s’accordent. Ni, d’ailleurs, dans toute la région, où la guerre entre Khartoum et N’Djaména se poursuit par rébellions interposées. Depuis plus de 5 ans, ce même argument a été largement avancé par la Communauté internationale devant les crimes de Khartoum, qui, grâce à ce libre cours, n’ont jamais cessé. Il en résulte une situation qui perdure et empire.


Le 19 septembre, selon l’AFP, la France a « ouvert la porte à une éventuelle suspension de la procédure contre Al-Bachir, sans préciser clairement les termes de la négociation. “Ce que nous souhaitons, c’est relancer la recherche, par le dialogue, d’un règlement de paix” a-t-on indiqué à la présidence française ». Paris souhaiterait que Khartoum « livre à la justice » deux autres responsables2 de crimes commis au Darfour contre lesquels des mandats d’arrêt ont été délivrés par la CPI en 2007. Le marché que l’on tenterait de passer avec Khartoum consisterait à obtenir qu’il accepte de « livrer à la justice » les criminels visés (ce qu’il a toujours refusé), puis se voie autorisé à les juger lui-même. Il suffit de se renseigner sur le fonctionnement de la « justice » soudanaise pour observer le cynisme d’un tel marchandage.


Ce marché a en outre un versant bien plus cynique et immoral. Au mois de juillet dernier, nous apprenions qu’après 20 ans de gel de ses relations avec le Soudan le géant pétrolier français Total reprenait pied au Soudan en s’apprêtant à engager l’exploration d’une zone du sud du pays aussi vaste que la moitié du Royaume Uni. Quasi simultanément, Khartoum avait menacé de s’en prendre aux intérêts économiques étrangers en cas de poursuites devant la CPI. Un
marchandage qu’il conviendrait de dénoncer avec force.


La dépêche de l’AFP du 19 septembre cite encore l’Elysée au sujet du « débat difficile qui se pose aux gouvernements : quelle est la priorité […] arrêter une guerre […] ou faire passer la justice à travers la CPI ? Nous avons choisi d’arrêter la guerre au Darfour, si on le peut ». Pour arrêter cette guerre, chaque jour plus meurtrière, ne faut-il pas empêcher celui qui la veut de la poursuivre ? Rappelons qu’en 2005 Paris et Londres avaient été les instigateurs du renvoi de la question du Darfour devant la CPI par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Décider aujourd’hui, en faisant jouer l’article 16 du statut de la CPI, de suspendre la procédure visant Al-Bachir, reviendrait pour la France à trahir ses engagements internationaux. Cela constituerait un recul incontestable, voire irréversible, du droit pénal international, tout en donnant à bon nombre de criminels contre l’humanité l’assurance que leur impunité (aussi imprescriptibles que soient leurs crimes) est négociable au gré des intérêts des Nations.

 

1 Avec une majorité de 9 de ses 15 membres.
2 Ahmed Haroun, nommé depuis ministre soudanais aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib.

 

Communiqué, le 24 septembre 2008

SURVIE

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