A noter également les interventions de Jacky Mamou, président du CUD, sur RMC, RTL, RFI en espagnol, et Radio Shalom le lundi 14 juillet
ilana Soskin: «Il ne faut plus céder aux pressions de Khartoum» sur parismatch.com: http://www.parismatch.com/dans-l-oeil-de-match/reportages/ilana-soskin-il-ne-faut-plus-ceder-aux-pressions-de-khartoum/(gid)/41415
ilana SOSKIN a aussi pris la parole sur BFM Télé le lundi l4juillet et le mardi 15 à 19H30
Interview d'ilana SOSKIN disponible en cliquant sur le lien suivant puis en déplaçant le curseur à 7h24 environ : http://www.bfmtv.fr/podcast_video_bfmtv.php?id=7
2d interview d'ilana SOSKIN disponible sur : http://www.bfmtv.fr/podcast_video_bfmtv.php?id=11 (BFM TV : Ruth Elkrief 19h : 2ème débat 15/7/2008) ; l'interview est dès le début, vers 19H32 environ
La déclaration faite ilana SOSKIN à l'AFP est reprise à l'étranger, voir : http://www.dw-world.de/dw/article/0,2144,3484274,00.html
http://www.parismatch.com/dans-l-oeil-de-match/reportages/ilana-soskin-il-ne-faut-plus-ceder-aux-pressions-de-khartoum/(gid)/41415 ilana Soskin: «Il ne faut plus céder aux pressions de Khartoum»
Interview. La Cour pénale internationale a lancé sa bataille contre Omar el-Béchir. Ilana Soskin, avocat et membre du Collectif Urgence Darfour, décrypte la nouvelle donne autour de la question du génocide au Darfour.
Reportages Omar el-Béchir, le président soudanais, est désormais dans la ligne de mire de la Cour pénale internationale
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Paris Match : La demande formulée par Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour pénal internationale (CPI), vous a-t-elle étonnée ?
Me Ilana Soskin* : Je ne dirais pas que c'était une surprise. Cela fait trois ans que je travaille sur le Darfour. Nous savons qu'Omar el-Béchir orchestre ces massacres de masse depuis 2003. Cette conférence du 14 juillet reste tout de même un moment historique dans l'histoire du droit international. Pour la première fois la CPI, qui contrairement à des tribunaux ad hoc comme celui du Rwanda, ne juge pas a posteriori, dénonce un génocide qui est en cours et nomme les crimes commis. La Cour est parfaitement dans son rôle.
Le procureur Luis Moreno-Ocampo a apporté des preuves à charge. Parmi ses actes d'accusation, il y avait le viol de femmes au Darfour par les milices janjawid. Certains témoins ont affirmé que des habitantes avaient été violées, parfois par près de vingt hommes. Selon les témoignages et au vu des rapports, le procureur arrive à la conclusion que des viols sont commis de façon systématique et continue depuis cinq ans. De tels crimes sont considérés comme des actes d'épuration ethnique, comme l'a déjà souligné le TPIR pour le Rwanda, le viol est utilisé afin «d'annihiler toute volonté, de détruire l'esprit et la vie elle-même». Le procureur a même cité certains mots d'ordre du président soudanais qui déclarait : «Tous les Fours [ethnie majoritaire au Darfour] sont des esclaves, nous les tuerons tous.»
Vous étiez à La Haye le 14 juillet. Quelle était l'ambiance ? La salle était comble et la tension palpable. Je pense que nous avons tous senti qu'il y avait quelque chose d'historique, avant même que Luis Moreno-Ocampo commence sa conférence.
Ilana Soskin : «LUIS MORENO-OCAMPO A FAIT PREUVE DE COURAGE»
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Le procureur ne fait-il pas cavalier seul avec cette initiative ? Pendant son intervention, il lui a été demandé s'il se sentait isolé dans sa démarche. Il a répondu qu'il ne faisait pas de politique, mais qu'il était là pour instruire un dossier, pour enquêter sur des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. C'est un acte juridique légitime puisqu'il respecte le processus de la CPI. Le procureur ne délivre aucun mandat d'arrêt, mais en fait la demande aux juges de la Cour. Désormais, la décision d'accepter la requête de Moreno-Ocampo peut prendre entre 3 semaines et 3 mois.
Juridiquement, je n'ai que d'excellents échos concernant Luis Moreno-Ocampo. Il fait preuve de courage. Le Collectif Urgence Darfour que je représente soutient son initiative, sa ténacité et sa volonté.
En avril 2007, deux mandats avaient déjà été lancés contre deux responsables soudanais. Aujourd'hui, l'affaire est au point mort… Les mandats ont bien été délivrés par l'ONU. Mais c'est au niveau soudanais que tout est bloqué. Omar el-Béchir refuse officiellement de livrer Ali Kushayb et Ahmad Harun. Pire, ce dernier est désormais ministre des Affaires humanitaires. C'est une confirmation évidente que Khartoum est derrière les crimes au Darfour. Le président soudanais montre ainsi son intention de protéger des criminels.
La demande de mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir ne risque-t-elle pas de connaître le même sort? Si les juges de la Cour pénale internationale valident la demande de Luis Moreno-Ocampo, le processus peut-être gelé. L'article 16 du Statut de Rome de la CPI précise qu'aucune «enquête ni aucune poursuite ne peuvent être engagées ni menées (…) pendant les douze mois qui suivent la date à laquelle le Conseil de sécurité a fait une demande en ce sens à la Cour». En clair, l'ONU peut bloquer toute procédure judiciaire. Mais Pékin agite déjà l'article 16 et se dit inquiet de la décision du Procureur. Est-il utile de rappeler que nombre de bombardements de villages au Darfour et d'attaques des populations l'ont été avec des avions et des armes «Made in china».
Mais depuis le 14 juillet, la communauté internationale a les yeux rivés sur les agissements d'Omar el-Béchir. L'annonce de la CPI peut avoir un effet dissuasif. Le président soudanais prévient qu'il est capable du pire. Mais le pire est en cours depuis des années. En mai dernier, un village a encore été bombardé au nord du Darfour. Treize personnes sont mortes. Le 9 juillet, sept soldats de la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine pour le Darfour (Minuad) ont été tués dans une embuscade tendue par des miliciens. La communauté internationale ne doit plus céder aux menaces de Khartoum. La mobilisation des opinions, la pression sur les alliés du Soudan, le soutien indéfectible à la CPI, apparaissent comme des éléments indispensables pour ramener la paix, la sécurité et la justice au Darfour et dans l'ensemble du pays.
Propos recueillis par Antoine Bayle
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* Avocat à la Cour, Déléguée Générale du Collectif Urgence Darfour et Membre du Conseil Fédéral de la LICRA, chargée de la question du Darfour
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