Lundi 25 août, la police et l’armée soudanaise se sont livrées à une tuerie dans le camp de déplacés de Kalma, à quelque 25 kilomètres de Nyala, capitale du Sud-Darfour. Il est difficile de chiffrer avec précision le nombre de morts, l’ONU indiquant qu’il s’élève à 64, des sources sur le terrain faisant état de 86 tués. Des dizaines de blessés (117 selon l’ONU) sont également à déplorer. Les tueurs aux ordres du président El-Béchir n’ont pas fait le détail : beaucoup de victimes sont des femmes et des enfants.
Par Jacky Mamou, président du collectif Urgence Darfour, Dominique Sopo, président de SOS Racisme et Ilana Soskin, avocat, membre du Conseil fédéral de la LICRA, chargée du Darfour *
En moins de 15 jours, la justice internationale s’est rappelée par deux fois au bon souvenir des bourreaux. Le 14 juillet, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, annonçait qu’il requérait un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar El-Béchir dont il demandait l’inculpation pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Puis le 21 juillet Radovan Karadzic, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, recherché, là aussi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), était enfin arrêté.
Au cours d'une conférence de presse tenue ce lundi 14 juillet à La Haye, Luis Moreno-Ocampo, procureur auprès de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé qu'il requérait la délivrance d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar El-Béchir aux motifs de sa responsabilité pénale pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.
Par Bernard Schalscha, secrétaire général du collectif Urgence Darfour.
Le maréchal-président El-Béchir, dictateur islamiste dont le régime est engraissé par les pétro-dollars, va-t-il faire plier la communauté internationale ? On est en droit de se poser la question depuis que la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont laissé entendre que ledit Conseil pourrait adopter une résolution suspendant provisoirement l’enquête de la CPI menée par le procureur Luis Moreno-Ocampo. En savoir +
Lundi 14 juillet, le Procureur Ocampo va présenter devant la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale de nouveaux cas de hauts dirigeants soudanais, dans le cadre d'une procédure pour des crimes commis au Darfour. En savoir +
On a un peu la triste impression que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo se bat seul contre tous. Le moins qu'on puisse dire, en effet, est que sa demande de mandat d'arrêt contre le président Omar El-Béchir pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide n'a pas suscité l'enthousiasme de la communauté internationale. Même bon nombre de démocraties occidentales ont paru embarrassées par sa requête. Heureusement que les ONG qui agissent sur le terrain des droits humains lui ont apporté un ferme soutien. Nous tenons ainsi à saluer le remarquable travail de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) qui n'a cessé de se mobiliser, après avoir enquêté avec rigueur, pour que des sanctions soient prises contre les chefs du gouvernement soudanais. Pour en savoir plusEn savoir +
Jeune rappeuse énergiquement engagée pour le Darfour, Princess Aniès vient de sortir "Au carrefour de la douleur" (voir le clip sur son site Internet, et l'écouter sur My Space), un morceau dont le flow maîtrisé et sensible est au service de paroles sans concessions : la tragédie des populations civiles y est âprement rappelée, les coupables nommés et les complices dénoncés. En savoir +