L'ONG Darfur Relief and Documentation Center (DRDC, http://www.darfurcentre.ch/) vient de consacrer un rapport de la plus haute importance au recensement de la population soudanaise tel qu'il a été effectué en 2008 par le régime d'El-Béchir. Fruit d'un long et minutieux travail, comparant les procédures utilisées et les résultats exhibés par Khartoum avec les normes internationales, ce gros document (en anglais) démontre que le résultat des élections d'avril sera nécessairement faussé car c'est le recensement lui-même qui a été truqué. La communauté internationale s'est laissée berner, et ce sont les Darfouris qui seront les premiers à payer le prix de cet aveuglement.
Objet: le Collectif Urgence Darfour demande à Bernard Kouchner de récuser la légitimité de la candidature d'Omar El Béchir aux élections présidentielles soudanaises.
Par Bernard SCHALSCHA, secrétaire général du collectif Urgence Darfour.
Nous aimerions que l’année 2010 soit celle où notre collectif constate qu’il n’est plus nécessaire. Quel plaisir ce serait d’organiser une grande fête à laquelle seraient invités toutes les associations, toutes les personnalités, toutes celles et ceux qui, un jour où l’autre se sont mobilisés à nos côtés pour apporter un soutien aux populations civiles darfouries, et d’annoncer : nous pouvons nous auto-dissoudre, le Darfour est maintenant en paix, les déplacés et les réfugiés ont pu rentrer dans leurs villages, ils ont récupéré leurs terres et peuvent à nouveau les cultiver, sans la menace des janjawids et des bandes de pillards, les femmes ne se font plus violer, le gouvernement central de Khartoum aide la région grâce à l’argent du pétrole, construit des écoles, des hôpitaux des routes, il ne considère plus les Noirs africains du Darfour comme des sous-hommes et de mauvais musulmans... Mais on en est loin. La paix et la justice ne sont encore qu’un rêve au Soudan.
Le mandat d'arrêt international lancé contre Omar El-Béchir par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerres et crimes contre l'humanité fait de plus en plus sentir ses effets : le gouvernement soudanais vient d'annoncer qu'il ne se rendra pas au sommet de Copenhague sur le changement climatique
Huguette Chomski Magnis, vice-présidente du collectif Urgence Darfour
Une grande nouvelle pour les très nombreux Darfouris réfugiés au Royaume-Uni : le gouvernement britannique va cesser de les renvoyer à Khartoum ! En effet le Home Office (ministère de l'Intérieur) vient de reconnaître officiellement que les Darfouris d'ethnie non arabe étaient non seulement exposés aux persécutions ethniques au Darfour mais en danger n'importe où au Soudan. En conséquence, les autorités de Londres mettent un terme au renvoi de Darfouris au Soudan. Tous les réfugiés du Darfour africains noirs non arabes pourront obtenir le droit d'asile - à la seule exclusion de ceux qui auraient commis des crimes de guerre.
Le président soudanais Omar Hassan Al-Bashir a repoussé sa visite prévue ce lundi 9 novembre en Turquie à l'occasion d'un sommet de l'Organisation de la conférence islamique. L'annonce est intervenue quelques heures après que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a défendu la visite d'El-Béchir en disant : "Un musulman ne peut jamais commettre de génocide." Après avoir assené cet argument imparable, Erdogan, qui a déjà visité le Darfour, a ajouté que durant son séjour, il n'y avait remarqué aucun génocide... Doit-on vraiment s'en étonner lorsqu'on sait que le gouvernement turc n'a toujours pas "remarqué" les nombreux génocides des populations non-turques (arménienne, assyro-chaldéenne-syriaque, grecque, kurde, etc.) commis en Turquie même ? Il n'est pas inutile de rappeler que la Turquie est parmi les rares pays n'ayant pas encore ratifié le Statut de Rome qui exige la conformité avec les décisions de la CPI. Il est vrai que ce Statut stipule que la compétence de la Cour concerne les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale : a) Le crime de génocide ; b) Les crimes contre l’humanité ; c) Les crimes de guerre ; d) Le crime d’agression... Toute relation avec des crimes commis par l'Etat turc est totalement fortuite.
Ci-dessous la traduction par le Collectif VAN de l'article en anglais paru sur Hurriyet en date du 8 Novembre 2009.
Le président soudanais Omar El-Béchir évite de prendre des risques. On a ainsi appris qu’il ne se rendra pas à la réunion du Conseil pour la paix et la sécurité de l’Union africaine (UA), qui se tiendra le jeudi 29 octobre à Abuja (Nigeria). Il y avait pourtant été formellement invité par l’UA, actuellement présidée par le libyen Kadhafi.
britannique, espagnol, italien, grec, allemand, français ainsi que les 69 organisations membres du Conseil européen pour les réfugiés et les exilés, avec de nombreuses personnalités, lancent un appel contre les retours forcés en Afghanistan
A la suite du démantèlement du camp principal de Calais, le 22 septembre dernier, où résidaient de nombreux migrants afghans, le président de la République française a annoncé l’organisation de retours forcés vers l’Afghanistan en coopération avec le Royaume-Uni, conformément à l’arrangement franco-britannique du 6 juillet 2009.
Nous considérons que le retour forcé vers l’Afghanistan ne constitue pas, dans l’instant, une solution acceptable.
France terre d’asile, avec ses partenaires britannique, espagnol, grec, italien, allemand et français, ainsi que le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés, et le soutien de nombreuses personnalités, lancent un appel européen contre les retours forcés en Afghanistan. Ce texte est disponible pour signature à l’adresse suivante : http://www.france-terre-asile.org/petition/
Le collectif Urgence, Darfour, qui est engagé aux côtés des réfugiés darfouris, s'est associé à cet appel qui est à diffuser et signer largement, chaque signature représentant une voix citoyenne s’élevant contre ces retours forcés vers un pays où l’insécurité et le chaos sont généralisés.
La politique américaine à l’égard du Darfour devient complètement indéchiffrable. Peu après son élection, Barack Obama réaffirmait son engagement en faveur de la province martyre du Soudan, utilisant le terme de «génocide» pour décrire la tragédie des populations victimes de la junte islamiste d’El-Béchir, et nommant un émissaire spécial en la personne du général à la retraite Scott Gration. Dans la foulée une nouvelle orientation devait être promptement définie. Mais on attend toujours une déclaration officielle sur la question. Ce qui n’empêche pas l’émissaire spécial Gration d’agir en fonction d’une étrange ligne dont on ne sait si c’est la sienne propre ou si elle est validée par l’administration Obama.
La junte islamiste au pouvoir à Khartoum doit bien regretter le départ de Rodolphe Adada, cet ancien ministre des Affaires étrangères congolais qui jusqu’au 31 août et depuis 26 mois était le chef de la Minuad, les Casques bleus constitués de troupes des Nations unies et de l’Union africaine censés empêcher les violences au Darfour. L’homme avait une conception si personnelle de sa mission que le régime soudanais, qui sait reconnaître ses amis, lui a remis une des plus hautes distinctions nationales, l’Ordre des deux Nil.
Par Bernard Schalscha, secrétaire général du collectif Urgence Darfour.
Le maréchal-président El-Béchir, dictateur islamiste dont le régime est engraissé par les pétro-dollars, va-t-il faire plier la communauté internationale ? On est en droit de se poser la question depuis que la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont laissé entendre que ledit Conseil pourrait adopter une résolution suspendant provisoirement l’enquête de la CPI menée par le procureur Luis Moreno-Ocampo. En savoir +
Lundi 14 juillet, le Procureur Ocampo va présenter devant la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale de nouveaux cas de hauts dirigeants soudanais, dans le cadre d'une procédure pour des crimes commis au Darfour. En savoir +